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Les calculs urinaires du chien

Les calculs urinaires ou urolithiases sont des amas de cristaux naturellement présents dans l’urine du chien, se formant dans la vessie et pouvant descendre dans l’urètre. Ceux-ci peuvent obstruer les voies urinaires et ainsi être à l’origine de douleurs et de lésions graves notamment rénales.

Illustration : "Les calculs urinaires du chien"

Les différents types de calculs urinaires

La taille des calculs peut aller de 0,1 mm à plusieurs centimètres. Il existe différents types de calculs en fonction de la nature des cristaux.

Par ordre de fréquence décroissante, il y a les calculs de phosphate ammioniaco-magnésien (PAM, également appelés struvites), les cristaux d’oxalates de calcium (ces deux premiers types représentent 90 % des cristaux développés par les chiens), les whewellites, les weddellites, les phosphates de calcium, la cystine et enfin les urates.

La formation des struvites fait souvent à la suite d’une infection urinaire qui provoque une alcalinisation (c’est-à-dire une hausse) du pH des urines, tandis que la formation des calculs d’oxalate de calcium peut résulter d’une tumeur de la glande parathyroïde ou d’une anomalie rénale.

D’autres conditions sont également propices à la formation d’urolithiases, telles qu’une faible consommation d’eau ou encore une nourriture trop riche en protéines, phosphore et magnésium entraînant une hypersaturation des urines en minéraux.

Quels sont les facteurs de risque chez le chien ?

Différents facteurs de prédisposition sont connus, tels que la race, le sexe et l’âge. En effet, les races les plus fréquemment atteintes de calculs urinaires sont le Caniche, le Yorkshire Terrier, les Bichons et le Shih Tzu. Il y a donc une forte prévalence chez les chiens de petites races. Cela pourrait s’expliquer par le fait que ces chiens urinent en moins grande quantité et ont un apport minéral par rapport à leur poids qui est supérieur à celui des grandes races.

Cela favorise la concentration des urines en minéraux, donc la formation de cristaux. À noter que certaines races ont des prédispositions pour un type de calculs en particulier, comme c’est le cas pour le Yorkshire Terrier et les Bichons chez lesquels on retrouve plus fréquemment des calculs d’oxalates.

Pour ce qui est du sexe, il semblerait que les mâles soient plus à risque, bien que cela dépende de la nature du calcul puisque certains calculs (en particulier ceux de cystine) ne sont retrouvés que chez les mâles.

Enfin, les chiens adultes, dans la tranche de 5 à 10 ans sont plus à risque de présenter des calculs urinaires, bien que les calculs d’oxalate et de struvite soient significativement plus fréquents chez des animaux jeunes, c’est-à-dire vers l’âge de 5 ans.

Quand suspecter la présence de calculs urinaires chez mon chien ?

Selon la taille des calculs, différentes affections se mettent en place, se traduisant principalement par des troubles de la miction et des douleurs lorsque le chien urine. Le propriétaire peut s’alerter lorsque les urines sont en quantité insuffisante, voire absentes, si elles contiennent du sang ou si le chien devient incontinent.

Les symptômes les plus caractéristiques sont en effet des mictions très fréquentes avec de petites quantités d’urine, des douleurs au moment de la miction (accompagnée souvent de vocalisations), une malpropreté urinaire, mais aussi le léchage intempestif de la région génitale.

Ces signes sont de bons indicateurs de la présence de calculs dans les voies urinaires du chien. Il est nécessaire de consulter rapidement, les calculs peuvent en effet provoquer des douleurs, irritations et infections urinaires graves, voire mortelles si la prise en charge est trop tardive.

De plus, les calculs urinaires peuvent occasionner des blocages urinaires qui sont des urgences vitales. Lors de la consultation, le vétérinaire peut rapidement identifier la présence de calculs par palpation, analyses urinaires et examen radiologique et/ou échographique pour localiser ces derniers.

Quels sont les traitements possibles en cas d’urolithiases ?

Le traitement dépend ensuite de la nature des cristaux, qui composent les urolithiases, qui sera définie par l’analyse urinaire. Il peut être de nature chirurgicale, médicamenteuse ou plus simplement consister en un changement des habitudes alimentaires (utilisation d’une alimentation acidifiante et augmentation de la prise de boisson). Le traitement aura pour but l’élimination des calculs et la prévention de leur formation.

La chirurgie consiste à ouvrir l’abdomen, puis la vessie pour retirer les calculs. Un sondage de l’urètre permet de repousser dans la vessie les calculs éventuellement bloqués dans l’urètre. De manière générale, on cherche à éviter la chirurgie, car elle présente un fort risque de récidive, bien que le pronostic après chirurgie soit bon et que cette technique soit très efficace pour extraire les calculs.

Cependant, pour les cristaux d’oxalates et ceux localisés dans l’urètre, l’intervention chirurgicale est le seul traitement possible. En effet, les calculs d’oxalate ne peuvent pas être dissous une fois formés et les calculs localisés dans l’urètre ne seraient pas suffisamment longtemps en contact avec le traitement pour être dissous.

Chez les chiens mâles chez lesquels il y a de nombreuses récidives d’urolithiases, il est possible de réaliser une urétrostomie qui consiste à aboucher l’urètre à la peau de manière définitive pour éviter le long trajet pénien de l’urètre qui est un site privilégié d’obstruction. La dérivation se réalise en région du scrotum ce qui implique une castration de l’animal.

Lorsque les calculs ont pour origine une infection urinaire, il faudra traiter cette infection par antibiothérapie pour dissoudre les calculs et empêcher la formation de nouveaux cristaux.

Est-il possible d’éviter la formation de calculs ?

Le propriétaire peut prévenir la formation de calculs en veillant à ce que le chien soit suffisamment hydraté au quotidien. Cela passe par une alimentation riche en eau et de bonne qualité (donc renouvelée tous les jours), en quantité suffisante. Il faut également veiller à son état de santé, car l’obésité, la sédentarité ou le diabète augmentent le risque de formation de calculs urinaires.

Le vétérinaire sera en mesure de conseiller sur le type d’aliment à donner au chien. Cette alimentation adaptée devra être poursuivie durant la vie entière du chien afin d’éviter les potentielles récidives. Il est fortement recommandé de faire une consultation de contrôle chez le vétérinaire deux mois après le début du changement alimentaire.

En bref, les calculs urinaires sont plus fréquemment rencontrés chez les petites races. Ils sont la cause de vives douleurs et peuvent avoir des conséquences graves voire mortelles. Certains peuvent être dissous, mais d’autres nécessitent une intervention chirurgicale pour être retirés. Une alimentation adaptée et de qualité est la clé pour éviter leur formation.

Bibliographie

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